Les tendances IT à suivre en 2013

Anthony DEAL 0
Les tendances IT à suivre en 2013

2012 se termine, 2013 démarre…la saison des tendances est donc venue. Le Gartner Group a déjà délivré sa sacro-sainte vision depuis environ un mois et on trouve également, au sein de la blogosphère, des articles permettant de dégager des grandes tendances sur les sujets qui feront partie des préoccupations majeures des entreprises pour l’année à venir.

1- Le Big Data
J’étais plutôt sceptique sur ce sujet lorsqu’il a émergé car cela ressemblait à une nouvelle trouvaille d’éditeur de logiciel (ou de consultant d’ailleurs) pour créer un marché qui s’apparentait à la business intelligence. Pourtant la réalité est bien là. La quantité de données informatiques pourrait être multipliée par 44 d’ici à une dizaine d’années. En 2020, selon le cabinet de conseil en informatique IDC, elle devrait donc atteindre 35 zettaoctets, soit 35 000 milliards de milliards d’octets…Si ce marché a été évalué à 5 milliards de dollars à fin 2011, il devrait passer à 17 milliards d’ici à 2015 (IDC).
Toutes ces problématiques génèrent donc une demande colossale en équipements, logiciels et services. Ça tombe bien, IBM compte réaliser environ un cinquième de ses revenus dans cette activité d’ici 2015. A la clé, un avantage compétitif de taille : d’après une étude lancée fin 2011 par le MIT, celles qui mènent ce type de projets sont deux fois plus performantes que les autres.

2- Le BYOD
Le « Bring your own device » (apportez vos propres terminaux) est une pratique consiste à utiliser ses équipements personnels (téléphone, ordinateur portable, tablette électronique) dans un contexte professionnel.
Pour Gartner, 90% des compagnies devraient permettre l’utilisation d’applications d’entreprises dès 2014. Plus mesuré un sondage Ovum révèle qu’aux Etats-Unis, 46,1% des personnes interrogées pensent que leur société ne permettra pas aux collaborateurs d’utiliser des terminaux personnels au sein du Système d’Information.
Cette nouvelle tendance pose en effet de nombreuses questions d’un point de vue social, juridique et surtout au niveau de la sécurité de l’information au sein des entreprises.
Si le BYOD présente un énorme avantage pour l’entreprise à savoir une implication accrue des collaborateurs et une baisse du coût de possession des terminaux, il apparaît que les problématiques de sécurité et de confidentialité de données prennent pour le moment le pas sur une adoption massive de cette pratique.

3- La poursuite de l’essor du Cloud Computing
En 2013, plus de 60 % de toutes les entreprises auront adopté une forme ou une autre de Cloud Computing, selon un rapport du Gartner
Tendance lourde depuis plusieurs années, le cloud continue de remplacer progressivement le PC comme espace de stockage de données pour les utilisateurs. La diversité des différents équipements utilisés durant la journée pour se connecter favorisera la préférence des particuliers pour le cloud.
Les datacenters distribués et les réseaux mobiles qui les relient entre eux se positionnent désormais comme une alternative viable aux technologies basées sur le VPN (virtual private network), qui ont servi de dorsale aux communications de l’entreprise distribuée pendant toute une génération. 2013 pourrait marquer l’accélération de la transition des VPN aux Clouds publics, privés et surtout hybrides.

4- La Mobilité
Selon Forrester, 66 % des salariés utilisent au moins deux terminaux mobiles au travail, des pratiques aux multiples implications. En France, 24 millions de personnes ont un Smartphone et le taux d’équipement de mobile ne cesse d’augmenter selon Médiamétrie. Dans une étude sur la mesure d’audience de l’internet mobile, l’institut constate pour Q3 2012, que 22.3 millions de personnes se sont connectées à l’Internet mobile par un site (plus de 9 mobinautes sur 10) ou une application (plus de 7 mobinautes sur 10) , soit 41.2% des personnes vivant en France. En parallèle, le nombre de mobinautes est sur le point de dépasser les utilisateurs d’Internet en 2015 aux États-Unis, ce changement se produit beaucoup plus rapidement sur les plates-formes sociales.
Si ce phénomène n’est pas nouveau, il devrait néanmoins s’amplifier sous la pression de salariés pour lesquels la frontière entre vie professionnelle et vie privée s’estompe.
Les smartphones et les tablettes vont remplacer petit à petit les ordinateurs portables comme moyen d’accès à internet. Il faut noter par ailleurs qu’HTML 5 offrira une touche particulière aux nouvelles applications mobiles.
Les entreprises devront donc se préparer à supporter une large variété d’équipements et vont devoir par ailleurs imaginer des stratégies de mobilité afin de permettre à leurs collaborateurs d’utiliser les applications d’entreprise dont ils ont besoin pour plus de productivité dans leur travail.
Dans des news récente, j’ai ainsi noter deux concepts qui reviennent de façon récurrente: les « clouds personnels » et les « apps stores privés ». A suivre.

5- Les RSE
La croissance de ce marché est estimée par le cabinet d’études Forrester à 61% par an d’ici 2016. Ce qui correspond à un bond de géant en valeur : de 600 millions de dollars en 2011, le marché des logiciels de réseau social d’entreprise pourrait ainsi représenter 6,4 milliards de dollars à horizon 2016 selon le cabinet d’études.
Les réseaux sociaux d’entreprise pourraient ainsi être le prochain phénomène d’ampleur à la condition qu’ils trouvent une place naturelle au sein de l’organisation. Le rachat d’une des solutions phares du secteur pour 1,2 milliard de $ (Yammer et ses 5 millions de membres) par Microsoft en 2012 est une preuve. Reste à savoir comment Microsoft envisage de l’intégrer à sa suite logicielle, en particulier Sharepoint.
L’utilisation par les employés des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter, pousse les entreprises à construire leurs propres réseaux sociaux d’entreprises pour donner aux travailleurs des zones sécurisées de collaboration et de partage des données. En 2013, IDC prévoit que ces réseaux iront au-delà de la phase pilote et passeront dans les usages communs malgré la méfiance a priori des organisations sur ce type de solution.

6- L’internet des objets
Ce concept décrit la possibilité d’accès à internet depuis de nombreux équipements, autres que les équipements mobiles et les ordinateurs. Les capteurs embarqués, les technologies de reconnaissance d’image,… utilisent d’autres moyens de communication que les réseaux cellulaires et vont offrir alors de nouvelles opportunités dans le développement de nouvelles applications.
Selon IMS Research, plus de 326 millions de connexions via des objets en 2016. De son côté, Gartner estime que de 15 milliards d’objets sur le Web représentant plus de 50 milliards de connexions intermittentes en 2011, nous allons passer à plus de 30 milliards d’objets connectés en 2020 et dépasser les 200 milliards de connexions intermittentes.
Si l’internet des objets semble constitué un phénomène émergent à prendre en compte, ses champs d’application pour les entreprises restent à affiner avec des différences marquées d’une industrie à une autre.

7- La gamification
Ces techniques, utilisées pour créer une «addiction» aux des jeux en ligne, pourraient être adoptées pour accroître la productivité des travailleurs.
Dans un article récent, le journal Les Echos évoquait des expériences réussies de serious games en 2012 pour Allianz et la SNCF.
Selon Gartner, le marché mondial des technologies et des services de gamification passera de 242 millions de dollars cette année à 2,8 milliards de dollars en 2016. En trois ans, 40% du Top 1 000 des entreprises mondiales utilisent des techniques de jeu pour améliorer les performances et l’efficacité de leurs opérations commerciales.
Pour en avoir vu un tourner dans le cadre d’une politique de recrutement, je me permets d’être plus réservé sur l’essor de ce type de technologies. Si celles-ci offrent des possibilités séduisantes, la clé réside avant tout dans la capacité de l’organisation d’en faire un atout apportant une réelle valeur ajoutée et ne pas complexifier inutilement des processus existants.

En conclusion, malgré les incertitudes qui règnent en raison du climat économique, la croissance des technologies phares ne semble pas menacée outre mesure.
Je tenterai, dans les semaines à venir, de revenir sur certains de ces sujets qui méritent un focus particulier.

 

Sources: Gartner Group, JDN, Les Echos, Zdnet.

 

 

 

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